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Suzanne

Boucler la boucle : de mère adolescente à bénévole de la CCMTGC

Suzanne ne participait pas au même genre d’activités que les autres jeunes de 18 ans entreprennent lorsqu’ils terminent leurs études secondaires.

Au lieu d’explorer ses options d’universités potentielles ou de se trouver un emploi après la remise des diplômes, elle prévoyait déménager de nouveau à Ottawa pour échapper à une relation malsaine.

Suzanne était nerveuse de revoir ses parents, car elle revenait à la maison enceinte.

« Quand j’avais 18 ans, c’était une toute autre époque : de pair, le célibat et la grossesse était une chose honteuse dans les familles. Lorsque mes parents se sont remis du choc, ils ont trouvé la Maison Sainte-Marie, un endroit où je pouvais rester pendant ma grossesse. »

La Maison Sainte-Marie est un partenaire de Centraide Ottawa; elle offre une résidence aux jeunes femmes enceintes, et a changé au fil des ans pour offrir des conseils en matière de grossesse et un soutien aux jeunes parents.

« J’étais tellement nerveuse d’aller vivre dans cette résidence. C’était un peu comme une institution, mais une fois que je m’y suis installée, j’ai fait des amis qui étaient dans la même situation que moi. La partie qui est probablement la plus précieuse de mon expérience était l’accès aux conseillers. J’ai développé une très belle relation avec une certaine conseillère; elle m’a permis de me préparer à ce qui allait arriver. »

Suzanne et sa conseillère ont décidé que, dans son cas, il n’y avait que deux options après l’accouchement : donner l’enfant en adoption ou l’assistance sociale. À cette époque, elle pouvait à peine subvenir à ses besoins.

Elle savait que ce serait difficile, mais Suzanne était déterminée à garder son enfant.

« Après avoir donné naissance à ma fille, j’ai eu besoin de temps pour me remettre sur pieds. J’ai immédiatement mis ma fille en famille d’accueil alors que je tentais reprendre le contrôle de ma vie. J’ai manqué chaque seconde loin d’elle, et je me suis assurée de la visiter tous les jours. »

Après quelques mois, Suzanne a visité une amie qu’elle a rencontré à la Maison Sainte-Marie; elle avait elle aussi décidé de garder son bébé.

« Je m’en rappelle comme si c’était hier. Je me suis rendue à son appartement lugubre. Elle avait de la difficulté et était misérable. C’est là que j’ai su que je ne voulais pas que ma fille vive dans de telles conditions. À ce moment-là, j’ai décidé que je ne pouvais pas être égoïste, que je ne pouvais pas la garder. »

Elle se souvient de sa dernière visite avec sa fille.

« C’est une expérience qu’on ne peut s’imaginer à moins de l’avoir vécue. La journée suivante, je me suis présentée à l’agence d’adoption, seule. Je devais signer les papiers avant de changer d’idée. Je ne peux pas décrire comment je me sentais. J’étais paralysée. »

Bien qu’elle était déprimée, Suzanne a poursuivi une carrière prospère avec le gouvernement fédéral, au sein de Emploi et Développement social Canada. Elle s’est mariée et a eu deux beaux enfants avec son mari.

Même si Suzanne avait décidé de ne pas communiquer avec sa première fille pour éviter d’interférer avec sa vie, celle-ci était toujours dans ses pensées. « Un jour, de nulle part, le téléphone a crépité et c’était elle. »

Maintenant, Suzanne fait de nouveau partie de la vie de sa fille.

« Je n’ai jamais regretté ma décision. C’était la plus difficile de ma vie, mais ma fille a été élevée par de très bons parents qui lui ont donné une vie remplie, le genre de vie que je n’aurais pas été capable de lui donner. Je n’aurais pu prendre ma décision sans le soutien de ma conseillère à la Maison Sainte-Marie. Je suis très reconnaissante de l’aide que j’ai eu à cette époque, lorsque j’en avais vraiment besoin. »

Suzanne a repris contact avec la Maison Sainte-Marie grâce à la tournée « Le voir, c’est le croire » pour les bénévoles de la CCMTGC. Elle a décidé de s’impliquer auprès de l’organisme et siège au conseil d’administration.

« J’ai vraiment fait le tour complet de ma vie. C’est ce que Centraide fait pour les jeunes mères et plusieurs. Centraide transforme la vie des gens et leur redonne ce qu’ils auraient du avoir dès le début : dignité, sentiment de bien-être et d’appartenance, et une place dans la société.»

Grâce à la CCMTGC et aux donateurs des plus généreux, les gens comme Suzanne peuvent obtenir le soutien dont ils ont besoin d’organismes comme la Maison Sainte-Marie lorsqu’ils en ont le plus besoin.